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Des nouvelles de Pussy Riot: en Russie comme en Tunisie, les bigots nous emmerdent


Nous avons déjà traité de l'affaire Pussy Riot, ces charmantes jeunes femmes qui ont demandé à la mère de Dieu de les débarrasser de Poutine, ce qui semble un programme minimum pour vivre mieux dans la Sainte Russie. Elles risquent 7 ans de prison. Notre ami XX, Tintin au pays des Ex-Soviet nous transmet ce qui suit, traduit du russe par ses soins:

Blasphème, sacrilège, indignité. Le dossier de l’affaire Pussy Riot transmis au tribunal.

Les accusations sont confirmées dans l’affaire Pussy Riot, et le dossier a été maintenant transmis au tribunal. Le texte final, cité dans sur le site du procureur général reprend les termes des documents de l’enquête.

« Ces jeunes filles, poussées par la haine religieuse, ont crié des slogans hostiles, insultants pour les croyants, tout en sautant, levant la jambe en l’air, imitant danse et coups de poing ». C’est une des citations des conclusions accusatrices de la Prokouratoura  dans l’affaire Pussy Riot à l’audience d’aujourd’hui.

Les extraits de ce document publié sur le site officiel du procureur, disent, en particulier, que les accusées ont « rabaissé les fondements de l’église russe orthodoxe de façon blasphématoire ». Le délit dont sont accusées Nadiejda Tolokonnikova, Marie Alekhina, et Ekaterina Samoussevitch  est la provocation à la haine religieuse. Les robes de couleurs  bariolées qu’elles portaient à l’église, sont désignées comme « indignes du lieu dans lequel elles se trouvaient » et la chanson qu’elles sont soupçonnées d’avoir interprété, décrite comme « insultante et blasphématoire ».

Rappelons que les accusées, en particulier Marie Akhina, ont souligné elles-mêmes, l’étrangeté des formulations du dossier contre elles et ses erreurs.


Alekhina : Presque chaque page  du dossier contient une série unique d’erreurs grammaticales et sémantiques. Comprendre et assimiler l’essence de ce qui est écrit exige pas mal de temps.
L’acte d’accusation final prend manifestement en considération les expertises en matière de religion accomplies pendant l’instruction, qui ont tant perturbé la défense de Pussy Riot. Les avocats sont à présent perturbé par la vitesse  à laquelle cette affaire a été transmise au tribunal.
L’affaire n’avait été présentée à la Prokoutoura qu’hier, et il se trouve que le bureau central de Moscou a assimilé les sept tomes du dossier et les enregistrements vidéos qui s’y rapportaient.

Polozov (avocat) : Nous n’avons pas, en violation de l’article 222, été averti du fait que l’affaire était transmise au Parquet. L’acte d’accusation ne nous a pas été communiqué, je ne l’ai pas vu. En ce qui concerne la précipitation, la Prokouratoura avait dix jours pour examiner le dossier et signer l’acte d’accusation. Elle l’a fait en quelque heures, mais je considère qu’à moins d’affecter  tout le personnel de la Prokouratoura il était impossible d’aller aussi vite sans être extrêmement négligent.

L’avocat a également voulu attirer l’attention sur le fait que lors des expertises, sur la base desquelles ont été tiré la conclusion accusant Alekhina, Tolonnikova et Samoutsevitch d’un délit accompli en groupe et prémédité, on a fourni aux experts la vidéo visible sur le blog de Pussy Riot et non sur le film de ce qui s’est passé à la cathédrale du Saint-Sauveur.

La défense a publié ce film — Marc Feïguine, l’avocat de Tolonnikova l’avait mis sur son blog. On voit qu’une des jeunes femmes ne parvient pas à brancher sa guitare avant que les vigiles ne l’écartent de l’autel. Et les paroles de la prière punk, d’après les enquêteurs insultantes pour le patriarche Cyrille, et les appels à la Mère de Dieu pour qu’elle chasse du pouvoir Vladimir Poutine étaient inaudibles dans l’église. Cependant le corps du délit est constitué par ce qui s’est déroulé dans l’église et non par la diffusion du film vidéo des évènements.

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